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La Casa de Papel : Critique

Une minute de silence s’il vous plait.

 

una mattina mi sono alzato

O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao

una mattina mi sono alzato

E ho trovato l’invasor

O partigiano portami via

O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao

O partigiano portami via

Ché mi sento di morir

 

Pour Nairobi.

Le chaos vient seulement de commencer.

Après des mois d’attente, la partie 4 de « La Casa de Papel » est enfin disponible et le moins que l’on puisse dire c’est que cette saison est encore plus intense que les précédentes. La nervosité nous submerge tout au long des épisodes que beaucoup d’entre nous auront regardés d’une traite afin d’éviter les spoilers.

Car oui, dès sa sortie, “La Casa de Papel” a été classée sans grande surprise n°1 sur Netflix, en Top Tweet mondial sur Twitter, les commentaires et réactions ont fusé sur Facebook, des amitiés ont été détruites et le taux de divorce connait une croissance sans précédent (on ne plaisante pas avec les spoilers).

D’Antena 3 où elle a connu un succès moindre à Netflix, “La Casa de Papel” est désormais un phénomène planétaire. Devenue un emblème, la série inspire des milliers de personnes à manifester en combinaison rouge et masque Dali, sans oublier le chant de la résistance italienne « Bella Ciao ». L’impact de la série est indéniable et elle continue de marquer l’histoire avec 8 nouveaux épisodes.

Après avoir été plongé 7 heures au cœur d’un braquage, j’en ressors pour vous parler de cette saison 4. Un tour du monde ça vous dit ?

 

On démarre par le Portugal, arrêt à Lisbonne.

Lisbonne est arrêtée et passe quasiment toute la saison en interrogatoire. Son rôle est peut-être le plus difficile de tous : résister à l’inspectrice Sierra. Raquel risque de détruire sa vie si elle ne coopère pas. À deux doigts de coopérer, elle reçoit un signe du Professeur.

Plus que jamais, Itziar Ituño nous livre une interprétation sans faute de l’ancienne inspectrice, faisant d’elle la favorite du public (ok surtout la mienne). La seule tâche noire sur le tableau est qu’elle n’était pas assez présente. Dans la partie 5, on espère la voir plus souvent et je suis certain que Lisbonne, dans le feu de l’action, va nous offrir des moments sensationnels. C’était peut-être ça le but de la faire venir dans la banque d’Espagne.

source Netflix

On continue, arrêt en Finlande 3 jours et direction la Sicile.

Boom boom ciao.

C’est lorsque la mort guette que l’on se rend compte de la vraie valeur de ce que l’on a devant soi. De qui l’on a devant soi.

Palerme, qui est un semi-traître cette saison, quitte la bande de braqueurs puis y revient après avoir aidé Gandia (le personnage le plus détesté dans le monde entier en ce moment) à s’échapper. C’est donc toujours un gros enfoiré, au moins jusqu’à la fin de la saison où il a cette émouvante prise de conscience. Il accepte ses sentiments envers Helsinki et lui confie son regret de l’avoir mal traité.

Helsinki, derrière cette apparence de brute, est un tendre et le public le sait depuis un moment. En réaction à la prise de conscience de Palerme, il lui promet de le sortir de là vivant. Quand on y pense, il promet à l’élément déclencheur de la mort de Nairobi de le sortir de là vivant.

Quand on y pense un peu plus, aucun des braqueurs ne semblent tenir rigueur à Palerme pour la mort de Nairobi.

Rodrigo De la Serna et Darko Peric ont une relation homosexuelle à l’écran qui fait énormément de bien car elle brise tous les stéréotypes du couple d’hommes au physique sculpté ou bien du couple d’hommes efféminés. Merci à ces deux brillants acteurs de montrer au monde entier qu’une orientation sexuelle ne définit pas notre apparence.

Source Netflix

Une minute de silence (encore) au Kenya.

Nairobi, elle est certainement dans le top 3 des personnages préférés du public. Son charisme, son humour et sa profonde tendresse nous manquera à tous. Alba Flores est sans aucun doute celle qui nous a fait passer par le plus d’émotions cette saison : la tristesse de voir la détresse de son personnage, l’angoisse de savoir si elle allait survivre, la joie de la revoir presque sur pied à motiver les troupes, la tristesse de la voir mourir pour de vrai cette fois.

Les producteurs ont joué avec nos émotions et j’en suis plutôt ravi car l’audace qu’ils ont eu de tuer Nairobi montre que personne n’est sacré.

source Netflix

Partons maintenant se confiner en Asie.

L’imprévisible Tokyo. Úrsula Corberó fait une fois de plus des étincelles dans son rôle de Tokyo ! Cette saison, la braqueuse au tempérament électrique joue le tout pour le tout pour sauver Nairobi.

Sa relation fusionnelle avec Rio est laissée de côté, les fans qui aspiraient donc à savoir s’ils se remettraient ensemble vont donc devoir patienter ! La jeune femme se retrouve dans une situation où elle est vulnérable. En effet, elle est capturée par Gandia (vous vous rappelez, c’est le gars le plus détesté du moment) et même quand rien n’est en sa faveur, elle garde son cran incroyable mais aussi suicidaire.

Malgré les efforts pour se contenir, le naturel revient toujours comme un boulet de canon et Tokyo explose se mettant en danger elle-même. On ne va pas s’en plaindre, son personnage est un facteur d’adrénaline indispensable ! Ai-je dit qu’elle était imprévisible ? Parce qu’elle l’est.

source Netflix

On reprend la route, direction le Colorado.

Denver sous tension. Pas de rires débiles durant ces 8 nouveaux épisodes, Denver est préoccupé par sa relation avec Stockholm. Sous tension, celui-ci est comme un lion en cage et la provocation d’Arturo déclenche chez lui un excès de violence qui effraie Stockholm et la pousse à mettre un terme à leur relation.

Suis-je le seul à défendre Denver pour le coup ? La violence ne résout rien mais je pense que face à un Harvey Weinstein espagnol, il est dur de se contenir. En particulier quand c’est l’être aimé qui en fait les frais.

Jaime Lorente nous offre une version moins enfantine, voire même mature de Denver. Le jeune homme fait face à des émotions telles que la haine, la jalousie et la peine qu’il tente de désamorcer au fil des épisodes.

source Netflix

Destination suivante, le haut d’un arbre. Nulle part.

Sergio. Non, trop bizarre, appelons-le Le Professeur. Le cerveau de l’opération est de loin le chef le plus atypique de l’histoire de la télévision. Pourquoi ? Pour son côté timide, mal à l’aise, en particulier avec la gente féminine. Il a toutes les caractéristiques d’un suiveur et pourtant c’est lui le meneur et on adore ! Encore une fois, avec ce personnage, « La Casa de Papel » réduit en cendres les stéréotypes de la virilité abusive.

Interprété magnifiquement bien par Álvaro Morte qui donne tout ce qu’il a pour ce personnage, même jusqu’à créer des tocs qu’il n’a pas dans la vraie vie (non, Álvaro ne passe pas son temps à remonter ses lunettes), El Professor a comme priorité l’exécution du plan Paris.

Comme à son habitude, il a prévu toutes les éventualités et se lance dans une bataille pour libérer Raquel lorsqu’il apprend que celle-ci est toujours vivante. Une bataille qu’il remporte haut la main mais dont il a à peine le temps de se réjouir. Échec et mat.

source Netflix

En raison de la situation actuelle avec le COVID-19, les arrêts au Brésil, en Suède et en France sont annulés. Restez chez vous !

 

Alors “La Casa de Papel” pourquoi on aime et pourquoi on aime pas ?

 

dislike casa

Commençons par le négatif, toujours.

La redondance de la série.

D’abord, l’idée d’un second braquage est redondante mais celui-ci est bien plus excitant que le premier alors ça valait le coup !

Là où ça devient négativement répétitif c’est au niveau des forces de police. Je pense particulièrement à l’agent Sierra qui suit un parcours similaire à celui de Raquel Murrillo lors des 2 premières saisons.

Posez-vous ces questions et vous verrez à quel point c’est redondant :

Lors du premier braquage, comment l’inspectrice Murillo a-t-elle découverte la cachette du Professeur ?

Réponse : grâce à des vidéos de caméras de surveillance auxquelles elle n’avait pas accès.

Même question mais cette fois-ci, remplacez premier par second et Murillo par Sierra. La réponse est la même.

Ensuite, retournement de situation, toutes les deux se retrouvent en état d’arrestation.

La suite logique serait donc que Sierra passe dans l’autre camp, c’est d’ailleurs la théorie soutenue par de nombreux fans et c’est ce pourquoi, cela ne se produira peut-être pas comme ça puisque les scénarios de la série sont écrits à la dernière minute (reportage à voir sur Netflix).

 

 

L’effet dollar.

“La Casa de Papel” est une production qui fonctionne pour Netflix et quand quelque chose fonctionne, on adopte cette fâcheuse tendance qu’est de tirer les choses en longueur. Netflix veut faire la casse du siècle avec son bijou espagnol et je comprends, mais la partie 5 sera la 3e partie dans la banque d’Espagne, ce qui commence à faire long. Une partie 6 a également été commandée, je crains d’être enfermé dans cette fichue banque pendant encore quelques temps. (Source FormulaTV)

Cela dit, ça crée de l’emploi et je suis bien évidemment plus qu’heureux pour les acteurs et les équipes de la série.

 

like casa

On souffle un coup.

Le positif maintenant !

D’abord, le casting.

Comme je l’ai un peu décrit pour certains au-dessus, le casting est sensationnel. Je ne peux pas imaginer de meilleurs acteurs pour interpréter ces personnages. Les numéros gagnants ont été tirés.

 

La diversité des personnages.

Très important, « La Casa de Papel » intègre des personnages gays non stéréotypés, un personnage transgenre, des physiques divers et variés, … Il n’y a rien de plus satisfaisant que de se sentir représenter, s’identifier à un personnage, être complètement en phase avec.

 

C’est une série qui derrière toute cette action, dénonce des phénomènes réels.

Le réalisme de la série est sans aucun doute son meilleur atout.

Elle dénonce les abus de pouvoir en place au sein d’une société.

Elle dénonce les abus sexuels notamment dans cette partie 4 avec le personnage d’Arturo (le second personnage le plus détesté avec Gandia).

Elle dénonce les violences physiques et leurs conséquences, rappelons que Raquel a été battue par son ex-mari et a perdu toute confiance envers les hommes jusqu’à rencontrer Le Professeur.

Et j’en passe.

 

Le cocktail explosif d’action et passion.

Toute bonne série intègre des histoires d’amour, l’amour sous toutes ses formes. « La Casa de Papel » ne fait pas exception à la règle. Entre deux fusillades, on assiste à une partie de boom boom ciao, une rupture, la naissance d’un couple, deux amis qui se réconcilient, … Les braqueurs ont du cœur, c’est ce pourquoi on s’attache autant à eux et à leur histoire.

C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui, le show est entré dans l’histoire de la télévision et qu’il continue à nous passionner.

 

Concrètement, qu’est-ce qu’on attend de la partie 5 :

Qu’ils sortent de la banque, et tous en vie.

 

Ça vous dit de faire un dernier arrêt ? Ibiza.

Pour Nairobi.

Viva la Resistencia.

 

Jean Grenson

 

 

By jeangrenson

IG : @jeangrensoncca
YTB : JeanCCA

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